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Dieter
Schnebel
redeübungen
für hand und mund, 1984/5
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Dieter Schnebel - redeübungen
für hand und mund 1983
Born in Lahr/Baden in 1930. In 1976 Schnebel was appointed professor
of experimental music and musicology at the Berlin Hochschule
der Künste where he taught until his retirement from the
academic chair in 1995. By founding the theatre group "Die
Maulwerker", Schnebel systemized his open concept of work
of spatially acting instruments and voices of unconventionally
entering musicians, a concept which can only partly be attributed
to "Fluxus".
http://de.wikipedia.org/wiki/Dieter_Schnebel
DIETER SCHNEBEL (*1930) est né à Lahr/Baden
(Allemagne). Après des études de piano, de théorie
et d'histoire de la musique au conservatoire de Fribourg-en-Brisgau
(1949-1952, classe de Martin Heidegger), il obtient un diplôme
de pédagogie musicale. Parallèlement, il étudie
la théologie protestante et la philosophie. Il se consacre
à la musicologie à l'université de Tübingen
(doctorat sur Schoenberg), puis étudie les techniques de
la Seconde Ecole de Vienne et rencontre Nono, Boulez, Henze et
Krenek à Darmstadt. En 1976, il est nommé professeur
de musicologie et de musique expérimentale à la
Hochschule der Künste de Berlin, où il enseigne jusqu’à
sa retraite, en 1995. Son activité de musicologue se traduit
par bon nombre de publications. La musique de Schnebel exploite
et recherche certaines limites, intégrant les pratiques
gestuelles, théâtrales, les nouvelles techniques
instrumentales et vocales, le silence – dans la lignée
de John Cage –, les bruits environnants, l'espace. L’homme
est également fondateur du groupe de théâtre
« Die Maulwerker », qui lui permet de mettre
en œuvre une conception toute spatiale, visuelle, de la musique.
Les partitions de Schnebel ne se proposent pas de fixer le résultat
sonore définitif, mais au contraire d'indiquer un processus
moteur de production du son. En 1991, il reçoit le prix
des arts de Lahr et obtient d’autres distinctions, notamment
1999 le prix européen de musique liturgique dont il est
le premier lauréat.
Redeübungen für Hand und Mund (1984-85)
(Exercices de la parole pour la main et la bouche), Lorsque Schnebel
a créé lui-même Laut-Gesten-Laute en 1982,
son critique a écrit que le compositeur « se tenait
derrière une table et regardait les pages de sa partition,
un microphone de contact attaché à son cou. Lentement
et délibérément, il a tracé des trajectoires
d’abord angulaires, puis courbes avec l’index et le
pouce pointés d’une main, tout en sifflant ou en
vocalisant ». Et la corrélation entre le son et le
geste? Le critique n’a perçu qu’un manque de
cohérence : «Parfois les sons correspondaient directement
aux gestes, et par moments inversement, comme lorsqu’une
lente descente accompagnait un son ascendant et s’intensifiant.
D’autres relations ont été explorées
discrètement sans aucun sens d’effet cumulatif. »
Quelle que soit la corrélation entre le son et le geste,
Schnebel tente à tout instant de rappeler au public l’aspect
corporel de la performance musicale et l’art d’écouter.
Il veut « changer notre relation à notre corps, nous
montrer à être plus conscient; son œuvre s’accompagne
d’un début de programme didactique, en harmonie avec
ses activités en tant que pasteur et professeur de religion
».
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Georges
Aperghis
from récitations
pour une voix seule, 1978 |
Georges Aperghis - récitations
pour une voix seule 1977/78
born in Athens in 1945. Since settling in Paris in 1963 he has
led an original and independent career, dividing his time between
instrumental or vocal compositions, musical theater and opera.
In 1976, he founded the Atelier Théâtre et Musique
(ATEM). This structure allowed for a complete renewal of his compositional
activity, making use of musicians as well as actors : his shows
are inspired by everyday life, events in society are transformed
into a world of poetry, a world often absurd and satirical —
Récitations (1978), Jojo (1990), Sextuor (1993), Commentaires
(1996) — récitations has become a "superhit"
among contemporary vocal compositions.
www.aperghis.com
GEORGES APERGHIS (*1945) est un compositeur grec de musique
contemporaine, né à Athènes en 1945. Son
père est sculpteur et sa mère peintre. Il vit et
travaille a Paris depuis 1963, s'initie au sérialisme du
Domaine Musical, à la musique concrète de Pierre
Schaeffer et de Pierre Henry, aux recherches de Iannis Xenakis
(dont il s'inspire dans ses premières œuvres), puis
en 1970, il décide d'approfondir un langage plus libre
et plus personnel. Il explore le son de la parole d'une manière
originale. Intéressé particulièrement par
le théâtre musical. À partir de 1976, il crée
avec sa femme, la comédienne Édith Scob, l'ATEM
(Atelier de théâtre et musique) de Bagnolet, consacré
au théâtre musical où il renouvelle complètement
sa pratique de compositeur : il fait appel à des musiciens
(comme Jean-Pierre Drouet) aussi bien qu'à des comédiens
(tels que Michael Lonsdale), intègre dans ses pièces
tous les ingrédients vocaux, instrumentaux, gestuels, scéniques,
en les traitant de façon identique. Il compose également
des pièces pour instruments seuls, des œuvres de musique
de chambre, vocales, pour orchestre, et des opéras. C'est
d'ailleurs dans l'opéra qu'il réalise la synthèse
de son travail : ici le texte est l'élément
fédérateur et déterminant, la voix, le principe
vecteur de l'expression. Il a composé sept ouvrages lyriques.
Son œuvre est ainsi résumée par Georges Aperghis
lui-même : « faire musique de tout ».
Il
écrit, entre autres, Récitations pour une
voix seule en 1978 (pour Martine Viard) et Machinations
en 2000. Ces œuvres vocales, très emblématiques
de sa manière, s'appuient essentiellement sur une combinatoire
virtuose de phonèmes. L'écriture se caractérise
par une grande vitesse, des répétitions et des accumulations,
une haute pression rythmique. Elles sollicitent la participation
créative de l'interprète et s'accommodent bien d'une
grande versatilité de modes vocaux. Une langue imaginaire
s'y invente, ambigüe et souvent drôle, qui évoque
une origine de la langue, une sorte de fureur énonciative
préalable au sens. Georges Aperghis est compositeur en
résidence du Conservatoire à rayonnement régional
de Strasbourg et du Festival Musica en 1996 et 1997.
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John
Cage
Lecture
on Nothing /
Vortrag über
Nichts /
Discours sur rien
English (orig.) by John Cage
German by Ernst Jandl
French Monique Fong
1959
arr. for voice solo and metronome - JIP
2001 |
John Cage - lecture
on nothing / Vortrag über Nichts 1959
Cage's
'Lecture on Nothing', a reading from 1950, signals a shift in
his thinking on silence. He realizes that the important role of
silence regarding musical structure does not yet establish a full
recognition of its positive qualities. 'What we require is silence;
but what silence requires is that I go on talking ... But now
there are silences and the words make help make the silences ...
We need not fear the silences, we may love them' Silence is no
longer the absence of sounds; silence itself consists of sounds.
Silence begets sounds. Through the intertwining of silence and
sound, their mutual penetrability now becomes appreciated. Each
retains a part of its antipode; each requires the other as its
frame. The necessary interdependency between sound and silence
relates to two principal aspects: silence is not only the precondition
for sound - this means that silence contains sound - every sound
in turn harbors silence as well. Sound and silence develop in
a parallel way without mutual exclusion; the one is always already
present in the other.
http://en.wikipedia.org/wiki/John_Cage
JOHN CAGE (1912-1992),
compositeur, poète et plasticien américain. Élève
de Schönberg, Cage s'est illustré comme compositeur
de musique contempo-raine expérimentale et comme philosophe.
Il est également reconnu comme l'inspirateur du mou-vement
Fluxus et des expérimentations musicales radicales qui
accompagnaient les chorégraphies de la Merce Cunningham
Dance Company. En 1935, faute de place pour pouvoir utiliser des
instruments de percussions pour les besoins d'une œuvre destinée
à accompagner une chorégraphie de Syvilla Fort,
Cage crée sa première pièce pour piano préparé.
Cherchant à épurer sa musique, il eut la particularité
d'écrire ses œuvres sans ponctuation musicale, laissant
au pianiste comme seules indications des descriptions d'atmosphère
au lieu des traditionnelles nuances. L'une des œuvres les
plus célèbres de Cage est probablement 4'33?, un
morceau où un(e) interprète joue en silence pendant
quatre minutes et trente-trois secondes. Son objectif est l'écoute
des bruits environnants dans une situation de concert. 4'33? dé-coule
aussi de l'expérience que Cage réalise dans une
chambre anéchoïque dans laquelle il s'aperçut
que "le silence n'existait pas car deux sons persistent" :
les battements de son cœur et le son aigu de son système
nerveux. Comme le dit Yoko Ono, Cage « considérait
que le silence devenait une véritable musique ».
À partir de cette période, toutes les compositions
de Cage seront conçues comme des musiques destinés
à accueillir n'importe quel son qui arrive de manière
imprévue dans la composition. Cage prétendait que
l'une des composantes les plus intéressantes en art était
en fait ce facteur d'imprévisibilité où des
éléments extérieurs s'intégraient
à l'œuvre de manière accidentelle. Le mot « aléatoire »
doit s'entendre chez John Cage, en anglais, comme chance et non
pas random.
Lecture
on Nothing, conférence donnée par John
Cage en 1950 à l’Artist’s Club à New
York, reste un événement incontournable de l’art
du XXème siècle. Cage y livre un exposé particulièrement
lucide sur le statut de l’art de son époque (ce en
quoi, d’ailleurs, il demeure notre contemporain), non sous
la forme proprement dite d’un manifeste, mais par l’élaboration
d’une réflexion précise sur notre rapport
au sens. Ce texte est essentiel car il est un exemple de l'extraordinaire
faculté de Cage à mêler fond et forme selon
le principe anarchiste : "les moyens doivent être à
l'image de la fin". Plutôt que de faire entendre le
sens et les sons (ici le texte de la conférence et les
silences induits par la structure sur les pages), ceux-ci sont
laissés à entendre et chacun de rebondir dans les
décalages produits par la rythmique permettant une appréhension/
compréhension multiforme car c'est bien dans les suspensions
induites par cette rythmique que peut venir se loger les voyages
de la réflexion et du questionnement. Au cœur du texte,
se trouve donc une multitude d'espaces de liberté que chacun
est invité à explorer.
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Mauricio
Kagel
Atem
für
einen Bläser, 1969 |
Mauricio Kagel - Atem
für einen Bläser, 1969
A
retired musician for long time dovotes himself to the study of
the same piece, meanwhile he's maniacal with the maintenance of
his instrument. He keeps on trying until a very sweet phrase is
finally played and frees him for ever.
http://de.wikipedia.org/wiki/Mauricio_Kagel
MAURICIO KAGEL (1931-2008) est un compositeur,
chef d'orchestre et metteur en scène argentin. Il s'est
principalement attaché au théâtre instrumental
en renouvelant le matériau sonore (électroacoustique,
sons divers). Mais il a également exploré les ressources
dramatiques du langage musical contemporain dans des pièces
radiophoniques, des films, des œuvres électroacoustiques,
des formes anciennes. Né en 1931 à Buenos Aires,
Mauricio Kagel suit des études de musique, d'histoire de
la littérature et de philosophie à l'Université
de sa ville natale. 1955-57, il est directeur des réalisations
culturelles à l'Université et des études
à l'Opéra de Chambre, et chef d'orchestre au Teatro
Colón. En 1957, il s'installe à Cologne où
il crée deux ans plus tard le Kölner Ensemble für
Neue Musik. Depuis 1974, il occupe la chaire de théâtre
musical, ouverte pour lui à la Hochschule für Musik.
L'œuvre de Kagel est étendue et variée. Au
début des années 1960, le compositeur a mis l'accent
sur le théâtre instrumental, dont Sur Scène
(1959) est la première manifestation et va faire de lui
une autorité dans le paysage de la création musicale
européenne. Par la suite, ses pièces instrumentales
et scéniques se multiplient entrecoupées de symphonies
de conception « ouverte », Hétérophonie
et Diaphonies I, II et III. Dans les années 1970, il dirige
son travail vers la grande tradition démontée (Bach,
Beethoven, Brahms), à laquelle il intègre des formes
de musique de variété. 1971, Staatstheater précède
de peu un retour à l'orchestre symphonique avec les Variationen
ohne Fuge. Pièces instrumentales et pièces théâtrales
continuent de s'imbriquer dans cette exploration des sons inouïs
et des gestes « producteurs » de musique.
Depuis les années 1980, Kagel brise de plus en plus les
conventions et les habitudes auditives : Rrrrrrr..., ensemble
de 41 pièces (1980-1982) et Troisième quatuor à
cordes (1986-1987). Lauréat du prix Erasmus.
Atem est écrit pour instrument et bande,
cette dernière pouvant être jouée en direct
par un deuxième exécutant. Elle a été
écrite en 1970 pour Vinko Globokar. A la base imaginée
pour trombone, Mauricio Kagel va cependant l'adapter pour n'importe
quel instrument à vent. L'interprétation est assez
libre, de part la notation particulière des notes et effets
(hauteur comme durée), ainsi que par son côté
improvisé/joué.
"Dans mon voisinage habitait un retraité, joueur d’instruments
à vent. Son activité principale, couper des morceaux
de tubes afin d’examiner la qualité des morceaux".
"Dans une atmosphère d’asphyxie et d’étouffement,
muni d’un instrument à vent, de plusieurs sourdines
et d’autres accessoires, ce musicien [...] s’apprête
à montrer ce dont il est encore capable". Mauricio
Kagel
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Luciano
Berio
Gesti
per
flauto dolce, 1966 |
LUCIANO BERIO (1925-2003) est réputé pour
ses travaux expérimentaux et son travail de pionnier dans
la musique électroacoustique. Il étudia au Conservatoire
Giuseppe Verdi de Milan chez Giulio Cesare Paribeni et Giorgio Federico
Ghedini. C'est à cette époque qu'il découvre
les compositeurs modernes de la seconde école de Vienne (Schönberg,
Berg, Webern), mais aussi Bartok, Stravinski, Hindemith et Milhaud.
Blessé à la main, il ne peut continuer ses études
de piano et gagne sa vie comme accompagnateur de classes de chant.
Il fait ainsi la connaissance de la soprano américaine Cathy
Berberian qu'il épousa en 1950. En 1951, il se rendit aux
États-Unis à Tanglewood pour étudier chez Dallapiccola
qui poussa son intérêt vers les principes du sérialisme.
Il participa aux Ferienkurse für Neue Musik à Darmstadt
où il fit la connaissance de Boulez, Stockhausen, Ligeti
et Kagel. Il commença à s’intéresser
à la musique électronique et fonda en 1954 à
Milan le Studio di Fonologia musicale avec Maderna et Nono. Il y
invita de nombreux compositeurs comme Henri Pousseur et John Cage.
Entre autres, il devint éditeur d’une revue consacrée
à la musique expérimentale, les Incontri Musicali.
En 1960, il retourna à Tanglewood et, à l'invitation
de Milhaud en 1962, il devint professeur au Mills College à
Oakland, Californie. À partir de 1965, il enseigna à
l'université Harvard et à la Juilliard School of Music
où il fonda le Juilliard Ensemble qui se consacre à
la musique contemporaine (New York, 1967). En 1966, il gagne le
« Prix Italia » pour son œuvre Laborintus
II. En 1968 sera présentée au public son œuvre
la plus marquante, la Sinfonia. De 1974 à 1980, il fut directeur
du département d’acoustique de l’IRCAM à
Paris. À Florence, il fonda, en 1987, le Tempo Reale, un
centre de même orientation que l'IRCAM. De 1994 à 2000,
il fut compositeur en résidence à Harvard.
Gesti
pour flûte à bec alto (1966). Berio composa
Gesti pendant ses années américaines à l’intention
de Franz Brüggen. Cette pièce se rapproche énormément
de la Sequenza III pour voix de femme et de la Sequenza V pour trombone.
Le point de départ de Berio pour écrire Gesti est
la séparation radicale des fonctions habituellement parfaitement
synchronisées par le musicien. C’est à dire
qu’il sépare l’articulation, le souffle et l’activité
des doigts. Ces trois composantes de la technique d’un instrumentiste
à vent sont intégrées les unes après
les autres, ce qui structure la pièce en trois parties. L’utilisation
de la voix tout au long de la pièce douce, rauque, soufflée,
hystérique ou chantée nous montre que ce n’est
pas l’instrument en soi qui est traité, mais plutôt
la relation que l’interprète nourrit avec son instrument.
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| CAST
Ulrike
Mayer-Spohn (UMS) : recorder, electronics, actor
Javier Hagen (JIP)
:
countertenor, tenor, speaker, electronics, actor
Ums 'n Jip : production
Wolfgang Beuschel : assistant director
LINKS
www.asm-stv.ch/installationen07.html
www.schauwerk-blackbox.ch
www.javierhagen.ch
www.ulrikems.info
www.wolfgangbeuschel.ch
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